L aventure CapBresil2007

La Transat 6,50 de Matthieu Guillon Verne

14 décembre 2007

Bienvenue...

Bonjour à tous,

ce blog a pour vocation de publier les photos, les films et le journal de bord de Matthieu sur la Transat 6,50 2007.

N'hésitez pas à le contacter si vous voulez certaines photos en bonne définition.

Bonne visite.

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Etape 1 Jour 3

Etape 1 Jour 3
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Jour 3 de la 1° étape de la Transat 6,50 2007 de Matthieu

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Etape 1 Jour 5

Etape 1 Jour 5
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5° journée de la 1° étape de Matthieu sur la Transat 6,50 2007

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Etape 1 Jour 6

Etape 1 Jour 6
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6° jour de la 1° étape de la Transat 6,50 de Matthieu

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Etape 1 Jour 7

Etape 1 Jour 7
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7° étape de la 1° étape de la Transat 6,50 2007 de Matthieu

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Etape 1 Jour 8

Etape 1 Jour 8
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Le 8° jour de la 1° étape de la Transat 6,50 de Matthieu

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Etape 2 Jour 4

Etape 2 Jour 4
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Le 4° jour de la 2° étape de la Transat 6,50 de Matthieu

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Etape 2 Jour 7

Etape 2 Jour 7
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Le 7° jour de la 2° étape de la Transat 6,50 de Matthieu

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Etape 2 Jour 8

Etape 2 Jour 8
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Le 8° jour de la 2° étape de la Transat 6,50 de Matthieu

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Etape 2 Jour 13

Etape 2 Jour 13
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Le 13° jour de la 2° étape de la Transat 6,50 de Matthieu

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Etape 2 Jour 16

Etape 2 Jour 16
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Le 16° jour de la 2° étape de la Transat 6,50 de Matthieu

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Passage de l'équateur

Passage de l'équateur
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19° jour de la 2° étape de la Transat 6,50 de Matthieu. On fête le passage de l'équateur!

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Etape 2 Jour 21

Etape 2 Jour 21
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Le 21° jour de la 2° étape de la Transat 6,50 de Matthieu

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Arrivée à Bahia

Arrivée à Bahia
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L'arrivée de Matthieu Guillon Verne à Bahia lors de la Transat 6,50 Charente Maritime Bahia

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13 décembre 2007

Journal de bord de la première étape

Vous trouverez ici le récit de la première étape: La rochelle à Madère. Soit 1100 milles.

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Semaine précédant la course:

Ca y est, j’y suis. Je suis au départ de cette mythique course pour laquelle je bosse depuis trois ans. Ca fait tout drôle, mais en même temps, je me sens encore tout petit devant cette épreuve et ne prends donc pas la grosse tête… La route est encore longue jusqu’au Brésil…

Et la première chose à faire est de terminer la préparation du bateau. J’avais déjà beaucoup travaillé pendant tout l’été (un grand merci d’ailleurs a tous ceux qui sont venus me donner un coup de main) mais il reste encore quelques détails. Heureusement, Louis-Marie (mon cousin et illustre co-skipper) est là pour m’épauler. Il y a aussi les rochelais (Anne, Alix et “Torki”) qui nous apportent beaucoup de bonne humeur, ce qui nous permet de bien décompresser après nos journées de travail. Nous avons quelques mauvaises surprises pendant ces derniers jours, ce qui nous oblige, entre autre, à démonter le mât! Mais on voit enfin le bout et le Lino (mon fidèle destrier) n’attend plus que le départ. Et vendredi, c’est mon pote Xavier qui arrive : il va même m’accompagner jusqu’à Madère sur un bateau accompagnateur, la grande classe…

Samedi 15 septembre, J-1

Cette journée est passée à une vitesse faramineuse. J’ai eu le plaisir d’avoir beaucoup de monde de présent (merci a chacun d’entre vous, votre présence m’a été d’un grand réconfort). Mes amis de la CMMA sont même venus de Chalons en Champagne, tout comme ceux de l’UTT qui arrivaient de Troyes. Et à 18h, nous avons eu le dernier briefing. Et là, grosse nouvelle: le départ est retarde pour cause de tempête annoncée. Du coup, la pression retombe d'un coup et je passe une soirée très contractée avec famille et amis.

Dimanche 16 septembre

Comme la tempête n’est pas encore là, le comité de course nous propose donc de faire une petite régate amicale pour la journée. J’embarque donc avec moi mon cousin et Marie, fidèle supportrice piriacaise. L’ambiance sur l’eau est très bonne bien que le vent ne deviennent nul au fur et a mesure de la journée (le fameux calme avant la tempête). Conclusion, la manche est annulée et nous rentrons tractés par des amis (merci Elisabeth!).

Lundi 17 septembre

Après une grasse matinée pour fêter la victoire française en rugby, nous apprenons que le départ sera finalement donné mardi. Nous réglons donc les derniers détails et je peux donc dire: “je suis prêt, on y va…”

Mardi 18 septembre

Le réveil sonne un peu tôt à mon goût mais j’ai tout de même fait une vrai nuit, chose qui ne va pas m’arriver avant quelques jours! Nous prenons un petit déjeuner digne de ce nom, offert par l’Abbé Torquéo et Anne (merci!!!) puis cap vers le port. On met en place les voiles, les bouts, on allume la radio, le GPS, on vérifie que le pilote est bien connecté et on attend le semi-rigide qui va me sortir du basin des chalutiers. J’ai encore la joie d’être bien entouré (mon cousin Thomas est même descendu de Nantes). Ce qui est génial, c’est que je ne sens maintenant aucune pression. Je sais que ça ne va pas être facile tous les jours, mais je me sens bien prêt, tout comme le bateau.

Me voilà donc seul sur mon bateau, au milieu de tous les petits camarades (nous sommes 89, plus les bateaux accompagnateurs), attendant sagement que le coup de canon libérateur soit donné. Et le voilà à 12h30: les fauves sont lâchés… Ça fait un sacré micmac tous ces Minis tirant des bords devant la Rochelle !

Remarque : à partir de maintenant, je vous retranscris le journal de bord tel que je l’ai rempli en mer.

Je suis bien positionné à la bouée de dégagement. Mais c’est après que ça se gâte : du travers, la hantise du Super Câlin (NDLR : mon modèle de bateau). Suit ensuite une jolie nuit dans des vents molissants. Le pilote barre mieux que moi, et comme j’ai un peu de mal à rentrer dans la course, je vais pas mal dormir.

Mercredi 19 septembre

Journée pas vraiment palpitante. Le pilote continue de bien tourner. Je dors et lis beaucoup. Vivement le vent ! On est pas sorti du golfe : j’ai fait 15 milles en 9h…

Jeudi 20 septembre

Enfin du vent qui nous pousse en route quasi directe. Arrivée demain matin en Espagne ? Longue journée sous grand spi et grand voile haute. Moyenne 6/7 nœuds : parfait ! Petite dédicace à Xavier qui sait pourquoi…

Vendredi 21 septembre

C’est mou, bon sang, c’est mou. Mais ça avance encore un peu et il parait que ça sera pire demain… Les côtes espagnoles sont pas mal avec ce bel éclairage. Le moral varie avec le vent. Quand ça pousse, je me surprends à chanter à tue-tête ou à essayer d’imiter le cri de la mouette (chose que je ne fais pas aussi bien qu’Anne… Dédicace !). Par contre, dans la pétole, je donne des coups à la bôme (mais c’est elle qui a commencé !)

Samedi 22 septembre

Après une nuit très mitigée au près, c’est encore la grosse pétole ce matin. Et en plus, il fait moche… Heureusement, la brume s’est levée et les batteries ont donc pu charger (NDLR : les panneaux solaires sont mon seul moyen de charger mes batteries). Mais le vent n’est pas rentré pour autant. 15h : un peu de vent arrive. On balance le grand spi et on part au travers à 4/5 nœuds, pourvu que au moins ça dure…

Dimanche 23 septembre

Nuit un peu hard : le spi est parti deux fois en coquetier (NDLR : c’est quand le spi s’enroule dans tous les sens. Le merdier quoi… On doit aller se battre à l’avant du bateau contre cette grande voile récalcitrante) J’ai donc fini mort, sous grand voile seule, le temps de me requinquer. A 6h, renvoi du spi et grosse nav’ pleine balle à 6/9 nœuds en route directe. En plus il y a du soleil, la classe… On a croisé des baleines, sympa ! (Mais trop loin pour prendre des photos… Dommage pour vous !)

Lundi 24 septembre

Très belle journée avec de superbes éclairages. Je me suis retrouvé sous un arc en ciel avec un éclairage horizontal du soir. Splendide. Il ne manquait que l´hélico de la presse pour faire des photos… !

Mardi 25 septembre

Enormes glissades ce matin. 1 ris dans la GV et spi de tête. C’est parfois un peu limite (NDLR : je me suis parfois demandé comment j’allais affaler le spi dans ces conditions forcissantes) mais tellement bon… (60 milles en 7 heures !) Nuit difficile : problèmes de drisse de spi et surtout déchirure importante du petit spi (du boulot pour l’escale en somme…)

Mercredi 26 septembre

On commence à sentir l’écurie (NDLR : d’ailleurs ça sentait le poney dans la cabine, allez savoir pourquoi…) On est à 60 milles de Madère, on devrait y arriver dans la soirée (NDLR : ou la nuit…). Pour l’instant ça avance moyen : je suis sous gennaker alors que je devrais être sous petit spi, mais comme il est mort… J’ai un peu peur de lancer le grand spi car le vent est un peu juste et je ne veux pas lui faire subir le même sort… 16h : Porto Santo est en vue !!! (NDLR : c’est une petite île juste avant Madère) Au début je croyais que c’était des nuages…

Remarque : fin de la retranscription du livre de bord…

Le vent est un peu tombé et je lance donc le grand spi. J’aperçois enfin Madère, c’est très grand et, je suis surpris, très habité : il y a des lumières partout… Je passe la dernière pointe dans des vents forcissants : C’est vraiment sublime : les étoiles, les départs au surf, les lumières de l’île et surtout l’arrivée qui approche. Et dans un empannage pourtant pas trop mal réussi, c’est la mauvaise surprise, je casse une barre de flèche… Grosse colère sur le coup. Je dois affaler mon spi rapidement et continuer sous génois seul. Le vent tombe doucement au fur et à mesure qu’on approche de Funchal et je dois lutter dans un vent quasi absent pour passer la ligne vers 2 heures du matin. Mon pote Xavier est là sur un zodiac pour m’accueillir : trop sympa… Je déguste une bière bien fraîche qui, du fait de ma fatigue et de mon estomac plutôt vide, me monte à la tête rapidement. Je ne peux donc pas vous dire si c’est le mal de terre ou l’alcool qui fait valser le plancher des vaches…

L’escale à Madère

Tout d’abord, je m’évade un peu de la marina et des minis pour aller faire un rapide tour dans l’île avec Xavier (et 2 de ses coéquipiers). L’occasion de découvrir cet endroit assez magique. Il y a des paysages de fous… Je laisse les photos vous le montrer…

Ensuite, retour à la réalité de la course. Je dois m’occuper de faire réparer ma voile et ma barre de flèche. Les artisans locaux sont très sympas bien qu’on ai parfois quelques difficultés à se comprendre. C’est aussi l’occasion de refaire la course avec ses petits camarades, de donner quelques coups de mains et surtout de bien rigoler… Naturellement, je passe beaucoup de temps sur internet pour avoir et donner quelques nouvelles.

A l’heure où j’écris ces lignes, nous sommes mercredi soir. Tous mes petits soucis sont réglés. Il y a eu quelques imprévus comme la perte de ma carte bleue qui m’a valu quelques difficultés pour payer mes artisans… Je n’ai plus qu’à bien ranger le bateau, trier la bouffe et faire le plain d’eau et de produit frais…

Le bilan de cette première étape

Vous l’avez sûrement constaté, mon classement est plutôt douteux (37ème sur 43 bateaux de série). Quand j’ai entendu mon classement à la radio à la mi-course, ça m’a miné le moral. Et puis j’ai décidé que je n’étais de toute façon pas là pour gagner la course mais pour me dépasser et me faire plaisir. Je n’ai donc plus cherché à savoir quelle était ma place. Le vent forcissant aidant, j’en suis arrivé à vraiment m’éclater sur l’eau. L’objectif est donc atteint. D’ailleurs, c’est en se faisant plaisir qu’on fait de belles choses : j’ai réussi comme ça à gratter quelques places. Elle est pas belle la vie ?

Mon bilan de cette étape est donc très positif et je mesure encore plus la chance que j’ai d’être ici. Comptez sur moi pour continuer à vivre à fond cette aventure…

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12 décembre 2007

Journal de bord de la seconde étape

Vous trouverez ici le récit de la seconde étape: Madère à Salvador de Bahia. Soit 3100 milles.

Comme je l’avais fait pour la première étape, je vous livre directement ce que j’ai écris sur mon cahier chaque jour de la transat. C’est peut-être un peu décousu parfois mais tellement plus vrai ! J’ai juste viré les fautes d’orthographe, censuré les gros mots et mis quelques commentaires pour les non-voileux !

Samedi 6 octobre (1° jour)

Et voilà. C’est reparti pour 1 tour. Ça va être long mais bon… Tout le monde est chaud : rappel général (NDLR : c’est-à-dire que beaucoup de bateaux ont volé le départ et qu’il est donc annulé et relancé 10 minutes plus tard). Après : pas mal de grisaille.

Voilà les éclaircies, cool… Petite sieste pour se mettre dans le rythme.

Nuit très pétoleuse : réveil toutes les 30 minutes pour voir si le vent est là…

Dimanche 7 octobre (2° jour)

Très bonne news ce matin : les Français ont battu les All Blacks… C’est la folie… Chabal président ! Petite dédicace à Marie qui devait être folle… A cette heure-ci, je parie 100€ qu’elle n’a plus de voix !

J’ai capté la BLU : je suis 40° (NDLR : à ce moment là, je suis un peu dépité et me dis que c’est reparti comme la première étape. Heureusement, la suite me prouvera le contraire)

Journée très bof. Le vent est un tout petit peu rentré mais c’est pas gagné…

(NDLR : tous les jours à 11h, on captait une vacation radio grâce à la BLU. On y apprenait notre classement et les prévisions météo)

Lundi 8 octobre (3° jour)

Matinée de ouf… (NDLR : comprendre ici que ma joie était totale !) Grand spi, grand-voile haute, soleil, vent, et … 10 places au classement de gagnées. Pourvu que ça dure !!! L’option Est commence à payer.

J’ai croisé une tortue avant les Canaries (NDLR : pas eu le temps de prendre une photo. Si vous voulez en voir une, taper « tortue » sur Google !)

Nuit très dure. Beaucoup de vent, mer dégueulasse. Passage des canaries compliqué…

(NDLR : j’ai appris plus tard que beaucoup de mes camarades ont eu des soucis pendant cette dure nuit. Je m’en tire donc plutôt bien !)

Mardi 9 octobre (4° jour)

Réveil douloureux : peu et mal dormi. Matinée « glande » pour reprendre son souffle. On attaque à partir de 11h30 après la vacation BLU que je ne capte pas !

Après-midi studieuse à la barre. La mer est un peu dégueulasse mais on avance quand même. Grand soleil.

Mercredi 10 octobre (5° jour)

Bonne nuit : bien dormi et bien avancé. Ce matin, bonne surprise : je me retrouve avec David et Bénédicte qui étaient loin devant. C’est eux qui ont perdu (NDLR : du terrain) ou c’est moi qui en ai gagné ? Je commence à avoir de news des autres : ils ont pris cher ! Mon pote Manu a démâté. Isa (NDLR : une des favorites) fait demi-tour et 7/8 personnes se sont arrêtées aux Canaries pour réparer : Aïe…

Vacation BLU : je suis 25° au classement : elle est pas belle la vie ? (NDLR : je n’ai donc pas que profité des arrêts au stand des copains mais j’ai aussi gagné du terrain « à la régulière »…) J’imagine la furie chez vous, devant vos ordinateurs… !

Jeudi 11 octobre (6° jour)

Encore une bonne nuit : bien dormi (10h…) (NDLR : mais toujours par tranches de 30 minutes… !) et pas trop mal marché (6/7 nœuds sous pilote). Belle journée en perspective : Bon vent et belle mer.

Le vent molli tout de même un peu, dommage ! Mais ça avance encore. J’ai vu mes premiers poissons volants. C’est marrant comme ça vole : ça fait des bons de 15m en frôlant la surface. Ça donne faim : les citrons sont prêts… !

Ça cogne dur. Tant mieux pour les panneaux solaires mais pas pour moi ! Je suis encore 25° au classement, cool…

Soirée magique : au menu dauphins, musique, surfs, plancton, lever de lune et… poisson volant qui saute dans le cockpit me faisant une vraie frousse !

La magie est ensuite un peu cassée quand je passe un temps fou à mettre mon gennaker en pétant un câble…

Vendredi 12 octobre (7° jour)

Réveil sympa : J’ai encore creusé l’écart avec les 3 bateaux qui sont juste derrière moi (Sophie, Sigrid et Fred). Je prends mon poisson volant au petit-dèj : pas mal !

Journée molle, trop molle. J’ai laissé bosser le pilote. Conclusion : les 2 filles se sont bien rapprochées. Il va falloir attaquer ce soir et cette nuit…

Samedi 13 octobre (8° jour)

Je crois que je me suis fait rattraper par les 2 filles mais pas de grand chose. On verra à la vacation.

Verdict de la BLU : elles sont devant ! Idem pour Pierre. Mais ils ne sont pas loin devant : rien n’est joué !

Journée peinarde. On prépare l’arrivée au Cap-Vert qui se fera dans la nuit.

Dimanche 14 octobre (9° jour)

4h30 : j’arrive dans le chenal de Sao Vincenté ; passage de nuit (encore) de l’archipel du Cap Vert. Dommage on verra rien : que des loupiottes. Juste un petit aperçu au lever du soleil. Sinon, les deux miss marchent bien. Elles m’ont semé (les morues !!!).

Vacation BLU : Quentin a heurté un OFNI (objet flottant non identifié) et a dû abandonner son bateau cassé et se faire hélitreuiller.  Les boules… Et moi, encore 28° à quelques milles des 2 filles.

Après-midi sportive sous petit spi puis gennaker. C’est génial ! C’est pour ça que je suis là…

Lundi 15 octobre (10° jour)

Très bonne nuit sous gennaker et grand-voile arrisée. Ça a très bien gazé puisque je suis devant Sophie, Sigrid et Gaël.

BLU de 11h : je suis à nouveau 25°. Cool ! Ça va faire plaisir à ceux qui me suivent sur le net. Mais les autres sont juste derrière. Et il reste le pot-au-noir… (NDLR : zone tampon entre les systèmes météo du nord et du sud. De fait, c’est dur à traverser car il y peu y avoir beaucoup de pétole et/ou de grains violents)

Soirée : on est un peu devant avec Sigrid. Ça avance toujours bien, c’est parfait…

Nuit : on est entouré d’orages. Pourvu qu’on ne reçoive pas la foudre !

Mardi 16 octobre (11° jour)

Encore une bonne nuit sous gennaker ; même scénario ! J’ai croisé un banc de dauphins. C’est un peu gris ici et il fait hyper lourd : je suis en eau. Je suis encore 25° au classement et je me rapproche de Pierre qui n’a plus de gennaker et qui est donc handicapé…

Belle journée sans histoire mais pas sans saveur. Sophie est larguée car elle a des problèmes de gennaker. (NDLR : ce qui ne l’empêchera pas de me gratter ensuite… Elle est forte !)

Mercredi 17 octobre (12° jour)

Nuit bizarre. Jusqu’à 6h pas de problème : petit spi pleine balle au milieu des orages (non actifs heureusement). Mais à 6h : grosse pétole soudaine. J’affale alors le spi et en quelques secondes, le vent se lève violemment. Grosse douche. On entend les éclairs à 2 pas. Je ne sais pas dans quelle direction aller. Le vent tourne dans tous les sens. C’est un peu l’apocalypse !

A 8h, je sors de cette zone très noire et me retrouve dans la pétole ! Je parle à la VHF avec les collègues. Deux mauvaises nouvelles : Pierre nous a largués et Gaël a cassé 1 safran.

Pétole, pétole, pétole… On y est dans ce fameux pot-au-noir ! J’ai la visite d’un papillon paumé !

Jeudi 18 octobre (13° jour)

Jolie nuit : je m’étais préparé à une nuit dure avec des grains et orages. Rien de tout ça ! Juste un vent régulier qui me pousse toute la nuit sur mon cap. Et au petit matin, surprise : pas de gros nuages, juste un super lever de soleil qui va recharger mes batteries. Deo gratias…

Je suis 27° et il y a de la pression derrière… Rien n’est joué et c’est ça qui est bon. Par contre, le pot-au-noir (PON), on ne sait pas si on l’a passé !

Journée mollissante. Flux de sud-est comme si on était sous le PON. On pense donc qu’on l’a en effet passé mais qu’il peut très bien nous retomber dessus…

Oups, j’ai frôlé le drame. Avec une boite de conserve… ! J’étais pas loin de me couper profondément. Bilan, rien de grave, juste un petit pansement. L’occasion de sortir la trousse à pharmacie peu utilisée jusque là (juste 1 pommade pour les fesses, mon outil de travail car on est toujours assis à bord). En tout cas, ça fait réfléchir et il vaut mieux faire vraiment attention aux accidents « minimes » à terre qui peuvent être catastrophiques en mer !

Vendredi 19 octobre (14° jour)

Nuit très molle. On voyait des éclairs au loin derrière : le PON ? Grosse flip : il nous retombe dessus ?

Matinée aussi molle : on a tout de même le grand spi et on avance à 3 nœuds sur la route.

BLU : les classements sont médiocres (28°). Avec cette pétole, c’est un peu la loterie et je n’ai jamais de chance à ce niveau là…

Le vent n’arrête pas de changer dans tous les sens. On envoie le spi, on l’affale, on le renvoie, on gueule, on se cogne… Vive la navigation !!!  Les nerfs prennent cher !!! Pour se détendre : douche dans les averses. Très sympa !

Samedi 20 octobre (15° jour)

On a eu une soirée magique hier. Mer plate, vent, étoiles, lune, vitesse (6 nœuds), musique à fond dans les oreilles (Peace & tranquility to earth, dédicace à Damien). C’est pour ce genre de moment qu’on est là. Rien que pour ça, ça valait le coup de se battre 3 ans !

Bon, après, ça se gâte : nuit encore très molle. Idem pour la journée. P…n de pétole ! Ça commence à me taper sur le système cette molle. En plus j’ai perdu une place au classement. Grosse misère : ils s’envolent devant. ################################# (NDLR : pour protéger nos jeunes lecteurs, certains gros mots ici cités ont été censurés. Mais ils sont bien marqués sur l’original conservé à la bibliothèque nationale…)

Dimanche 21 octobre (16° jour)

Nuit de m… Le vent tourne dans tous les sens, molli, forci. Je pète vraiment un câble, je gueule… Impossible de bien dormir.

Journée au près avec vent et soleil. Correct ! Juste un gros coup de frousse avec les 2 pilotes qui ont buggé. Problème réglé en 1 heure.

On est plus proche du Brésil que de l’Afrique : la classe mondiale !

Lundi 22 octobre (17° jour)

Nuit au près sans histoire…

Journée au près sans histoire…

Je suis tout seul au beau milieu de l’océan. J’adore !!! J’ai juste croisé un cargo mais aucun concurrent aux alentours…

Mardi 23 octobre (18° jour)

Nuit un peu ballottée. Ça souffle un peu plus. Le bateau a navigué toute la nuit barre amarrée. Ça marche super bien ! (NDLR : le fait d’attacher la barre me permet de ne pas utiliser le pilote et donc de préserver les batteries. Qui plus est, le bateau marche mieux quand le vent est dans cette direction par rapport au bateau. Bon d’accord, c’est pas claire ce que je vous raconte. Donc si vous voulez que je vous explique vraiment, appelez-moi !)

10h45 : passage de l’équateur. Ça y est, je suis la tête en bas. (NDLR : il s’agit d’un moment important pour tout marin qui se respecte. Je débouche donc une bouteille et fait un petit film que vous pouvez voir sur mon blog)

Vacation radio : mauvaise nouvelle. J’apprends que ma balise ne fonctionne pas. J’appui donc sur un des boutons en espérant que ça va relancer la balise. (NDLR : en effet elle remarchera. Je suis vraiment soulagé pour tous ceux qui me suivent. Pour la petite histoire, plusieurs concurrents ont eu des soucis de balise. Par conséquent, les classements donnés sur le site internet me faisaient à chaque fois gagner virtuellement des places ce qui ravira certains de mes « supporters » persuadés que je faisais le coup du siècle !)

Mercredi 24 octobre (19° jour)

Nuit sans problèmes. Ça souffle pas mal et ça commence à être soporifique car on est au près. Donc ça bouge, ça penche, ça tape, ça mouille… A mort le près… ! (NDLR : heureusement, je savais que le bateau marche bien dans ces conditions et ça m’aidait à supporter ces dures conditions. J’ai ainsi gagné quelques places)

Jeudi 25 octobre (20° jour)

Nuit studieuse. On a passé la dernière marque du parcours avant l’arrivée !

Mais ça tape toujours beaucoup et c’est toujours aussi chiant ! Vraiment ras le bol !

(NDLR : sur mon livre de bord, on voit que ces lignes sont particulièrement mal écrites tellement ça bougeait !)

Vendredi 26 octobre (21° jour)

Nuit encore au près. Tout est trempé à bord et ça commence à être très dur.

Ça a un peu molli cet après-midi. Par contre, (et contrairement aux prévisions) le vent tourne dans le mauvais sens. Du coup, on continue au près…

On n’est plus qu’à 450 milles de bahia. Ça commence à sentir l’écurie (NDLR : d’ailleurs, ça sentait même le poney dans le bateau !). Si le temps de maintient, on devrait arriver dans la nuit du 29 au 30.

Samedi 27 octobre (22° jour)

Toujours du près, mais un peu plus ouvert (NDLR : en gros, c’est moins dur et ça avance mieux !). Le bateau marche super bien (6 nœuds) mais on a 1 nœud de courant dans le nez : dommage, c’est un peu déprimant).

TERRE ! TERRE !

Les cotes brésiliennes sont en vue ! On a traversé ce sacré océan ! Génial, non ? Encore 350 milles avant Salvador. On longe donc encore un peu le Brésil. J’ai croisé des pécheurs, les premiers humains en visuel depuis 20 jours ! J’ai aussi rencontré une baleine sortant la tête de l’eau pour m’observer. Je me détends en prenant une douche sur le pont avec le rab d’eau douce que j’ai à bord. Ça fait du bien…

Dimanche 28 octobre (23° jour)

Après de longs jours de près, nous voilà avec du « plein-cul » (NDLR : le vent ne vient donc plus de devant mais de derrière !), ce qui est technique aussi (mais c’est toujours mieux !). Dans ce cas, il faut un spi (grosse voile ronde à l’avant). Mais j’ai un tangon qui menace de se briser ! J’hésite donc toute la nuit et attends finalement le matin pour envoyer le gennaker. Cette voile est moins puissante qu’un spi : elle tire donc moins sur le tangon.

Arrivée prévue demain soir si tout se passe bien ! Les autres ? Je m’en fiche ! Je veux juste arriver !!!

Lundi 29 octobre (24° jour)

JOUR J !!!

Après une superbe nuit sous spi à surfer tranquillement (je serrais les fesses pour le tangon qui a finalement tenu !), me voilà en approche de Salvador de Bahia. Oui, vous avez bien lu : Salvador de Bahia !!!

Plus que 60 milles. On y sera dans l’après-midi. (NDLR : plus tôt que prévu car j’avais bien marché.) C’est pas la fête ça ? Je suis comme un gamin le matin de Noël…

On voit bien la côte maintenant. Il y a des cocotiers partout !!! Ça va être trop bon…

Mes notes s’achèvent ici. Je vais donc me souvenir pour vous !

Je rentre dans la baie avec un fort courant qui me fait aller encore plus vite ! La ville est surprenante : des buildings de partout ! C’est vraiment fascinant ! En plus ; il fait un temps superbe ! Je suis à quelques minutes de l’arrivée. J’en profite pour faire un petit film pour vous tous. Je jubile…

Ça y est, je passe la ligne d’arrivée qui met fin à 24 jours de mer (32 avec la première étape) et 3 ans de travail pour en arriver là !

Un zodiac de brésiliens se met à couple de mon cher bateau, m’offrent une bière fraîche et gèrent tout. Je n’ai qu’à apprécier l’ambiance et ma bière ! En entrant dans la marina, des pétards sont allumés et la musique à fond est lancée pour moi. Trop bon…

Maintenant, je suis sur le ponton avec les copains qui sont là pour m’accueillir. J’ai droit aux fruits frais, à la fameuse caïpirinha et … au bain forcé !

Je me classe donc 26°/43 dans ma catégorie sur cette seconde étape, et 31° au général (addition du temps des deux étapes). J’en suis content…

Je reste ensuite plusieurs jours à Bahia pour me reposer, nettoyer et ranger le bateau. Je dois aussi le démâter en vue de son retour en cargo. L’organisation nous réserve aussi plusieurs soirées : l’ambiance ici est au top !

J’ai aussi la chance de passer plusieurs jours dans une communauté Points-Cœur (œuvre catholique de compassion). C’est vraiment génial de découvrir cette grande œuvre, de pouvoir sortir un peu de l’ambiance « voile » et de vivre avec des brésiliens.

Et puis, c’est le retour en France beaucoup plus rapide qu’à l’aller ! Mon avion passe juste au-dessus de La Rochelle. On voit clairement la zone d’où on est parti 2 mois plus tôt. C’est bien la France aussi…

La boucle est bouclée !

Posté par capbresil2007 à 13:49 - Journal de Bord - Commentaires [2] - Permalien [#]